Jean-Baptiste Chapuis, création et restauration d'œuvres d'art décoratif

Bois dores

L'Or, matériau des Rois.

Son éclat et sa beauté, tout autant que sa rareté extrême ont construit le mythe de ce métal aux propriétés exceptionnelles.

Avec sa densité de 19,5 il suffirait de 4 litres d'or pour faire contrepoids à un homme de moyenne corpulence (78 Kg). Mais c'est la ductilité et la malléabilité de l'or qui permettent au doreur de réaliser ses chefs-d’œuvre : un gramme d'or pur permet d'obtenir un fil continu de 3km.

On trouve les premières traces de dorure dans l'Antiquité où des béliers aux cornes dorées furent sacrifiés à Minerve. Homère, auteur de l'Iliade et de l'Odyssée, décrit vers 850 avant Jésus-Christ les palais des grands de son époque comme "ruisselant d'or".

Mobilier d'art

Dorure

L'art de la dorure apparaît en Europe en 146 avant Jésus-Christ.

Pline l'Ancien (23 à 79 avant Jésus-christ) nous apprend que la décoration des lambris du Capitole est l'un des premiers grands travaux de dorure connu dans la Rome antique.

Evoquons aussi la figure populaire de ce bon roi Dagobert, dont le trône de bronze ciselé fut doré à la feuille vers l’an 620. On peut aujourd'hui le voir au musée du Louvre.

Les premiers doreurs sur bois furent les orfèvres damasquineurs, incrustant des filets d’or ou d’argent dans des métaux. Le mot damasquineur provient du nom de la ville de Damas en Syrie qui désigne également le tissu de soie à ramages brodé de fils d’or ou d’argent travaillé à la façon des taffetas qui y étaient fabriqués.

La technique du XVIIIe siècle consiste à fabriquer, sculpter l’objet en bois (souvent du tilleul) puis à l’apprêter avec plusieurs couches d'un mélange de colle de peau de lapin et de carbonate de chaux.

Le repareur resculpte cet apprêt afin de «desempâter » l’objet. Cette étape importante apporte toute la finesse au travail.

Une couche d’«assiette» composée de colle de peau de lapin et de « bol d’Arménie » de couleur rouge orangée est étalée au pinceau qui donnera, par transparence de la feuille d’or, du « feu à l’or ».

L’application de la feuille d’or se fait en mouillant la partie à dorer, en l’attirant du coussin à dorer par attraction statique avec un pinceau en poils de martre.

La dernière étape consiste à brunir (polir) l’or avec un outil dont l’extrémité est composée d’une pierre d’agate courbe. Cette étape est cruciale pour donner du relief et de la lumière à l’œuvre.

Avec le XIXe siècle sont apparues des techniques permettant une certaine standardisation des objets et une baisse des coûts de production : moins de sculpture dans le bois mais des moules permettant la reproduction de motifs, la dorure à la mixtion…

© 2010 Jean-Baptiste Chapuis.


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